Retranscription de l'émission A fleur de coeur : Daniel Balavoine
diffusée en hommage au chanteur le 5 juillet 1986 sur Antenne 2 - Page 1
(Retranscription complète faite par Jean-François Regnier)

Cette émission est une version longue du reportage Un chanteur en état de marche qui avait été diffusé le 15 septembre 1984 dans le cadre des "Enfants du rock" sur Antenne 2 également.
A fleur de coeur, réalisé par Muriel Bussi, est un entretien entre Daniel et Alain Dauer (décédé en janvier 1985).
Tous les sujets chers à Daniel sont abordés.
Daniel se montre complice, inattendu, drôle et tendre.
Le tournage s'est effectué en 1984, d'avril à juin et s'est déroulé sur 3 périodes :
Antenne 2 est la seule chaîne à avoir filmé un concert de Daniel Balavoine en utilisant un 24 pistes pour en restituer les qualités sonores.
Au cours du reportage, Daniel interprète en concert :
Frappe avec tête, Mon fils, ma bataille, Le chanteur, Je ne suis pas un héros, L'Aziza, Vendeur de larmes, Pour la femme veuve qui s'éveille, Revolucion, Sauver l'amour, Vivre ou survivre.
Daniel est dans sa loge avant le concert de Dijon. Le générique de l'émission défile.
Daniel Balavoine : Le peigne de Johnny. C'est un peigne qui était à Johnny. Je l'ai volé dans sa loge quand il avait fait le Pavillon de Pantin. Voilà. Je réfléchis. J'écoute ce que font les autres. Je regarde si tout le monde est là. Je regarde la caméra pour faire bonjour (il fait le signe).
Les propos de Daniel sont entrecoupés par un micro trottoir réalisé dans Dijon avant le concert
Interviewer : Daniel Balavoine ?.
Un passant : On y va ce soir.
Interviewer : Qu'est-ce que vous en pensez ?.
Le compagne du passant : C'est bien.
Retour loge.
D.B. : Les affaires sont probablement installées toujours pareilles mais moi, je ne m'en aperçois pas. C'est logique. Il y a une malle. Tout est trimballé comme ça. Je ne pense pas à ça. Ca peut être une caravane, un garage, ça peut être n'importe quoi, j'en ai rien à foutre. Ca m'est complètement égal.
Retour rue.
Une passante : (Elle souffle en réfléchissant) …"La femme veuve qui s'éveille", "Le chanteur"…
Interviewer : Qu'est-ce que vous aimez chez lui ? .
La passante : Ses chansons, elles sont biens.
Retour loge.
D.B. : Le reste du temps je vais sur scène. Je répète. Je joue. J'essaie des choses. Je préfère chanter, faire le boeuf avec les musiciens. On règle toutes les lumières, tout ces trucs là. C'est bien plus passionnant. Et je reviens en général 10 minutes, 1/4 heure avant. Et à ce moment là je m'habille vraiment en 5 minutes. Je n'ai pas d'état d'âme. Ce n'est pas un lieu de recueillement. On peut rentrer dans ma loge jusqu'à moins deux. Il n'y a aucun problème.
Retour rue.
Un passant : Je l'ai vu à …attendez voir…je ne sais pas si c'est aux "Champs-Elysées"…
Une passante : Vachement prétentieux et tout. Il croit tout connaître. Tu vois, c'est un pauv' connard…
Retour loge.
D.B. : Si tu veux, je te fais visiter mon costume. Mais ce n'est rien. Comme je l'ai dit déjà dans une autre émission, c'est une fine petite popeline de coton très légère (il rit). C'est un costard blanc. Pas Tergal. C'est plutôt un pyjama. C'est pour être à l'aise. C'est un truc chinois.
Retour rue.
Un passant : Ouais, c'est pas mal. C'est un peu en dehors des sentiers battus.
Retour loge.
D.B. : Ce qu'il y a de bien c'est qu'on met un t-shirt, des pompes comme ça et on est habillé. Ce qui évite le costard gilet trois pièces cuisine-salle de bains-cravate. Je ne sais pas, il faut que l'on ait une tronche quand même. C'est mon avis.
Quand je vais voir les gens que j'aime, style Gabriel (Peter) ou des gens comme ça, ils ont une tronche, ils ont un costard, c'est vachement étudié. Enfin…quand on dit "costume", ça fait rigolo. C'est vrai que c'est un outil de travail.
Retour rue.
Un passant : Il donne sont point de vue…ouais. Mais celui qui n'aime pas, il n'écoute pas.
Daniel interprète "Frappe avec ta tête" au concert de Dijon du 24 avril 1984.
Puis, on retrouve Daniel à Biarritz le 4 juin 1984. Il fouille dans un sac d'où il extrait des objets qu'il commente.
D.B. : J'ouvre ça ?.
Interviewer : Tu ouvres ça.
D.B. : Je plonge ma main sans regarder ce que c'est ? .
Il sort une photo de François Miterrand et un casque de soldat (en lien avec l'affaire des anciens combattants). Il sourit.
Puis, on retrouve Daniel à Biarritz le 4 juin 1984. Il fouille dans un sac d'où il extrait des objets qu'il commente.
Il sort une photo de François Miterrand et un casque de soldat (en lien avec l'affaire des anciens combattants). Il sourit.
D.B. : Je le re-range tout de suite.
Interviewer : Ca te dit quelque chose ça ? .
D.B. : Moi, rien, non.
Interviewer : Tu racontes que ces deux histoires là t'ont rapportées deux fois plus de pubs que tes chansons ?.
D.B. : Je montre les objets alors. C'est toi qui est mauvaise langue et qui essaye de dire ça parce que tu ne me connais pas. Je n'aime pas dire des chiffres parce que ça fait toujours très vantard. Mais tu pourras dire aux mauvaises langues d'abord que ce monsieur est très intelligent (il désigne la photo de Mitterrand) et que ça c'est en principe une affaire classée (il désigne le casque).
Avant cette histoire là (Miterrand), j'avais déjà vendu pratiquement 500 000 albums et en tout cas dans l'année qui avait précédée, facilement un millions de 45 tours. Je crois que c'est plutôt à lui que ça a rendu service qu'à moi si tu veux, en gros.
Quant à ça (le casque), n'en parlons plus mais là je n'en étais plus à un millions, ça devait être à pas loin trois ou quatre millions de 45 tours… en tout cas trois c'est sur et sûrement pas loin du millions d'albums.
Daniel sort du sac un exemplaire de son disque "Le Chanteur".
D.B. : Ah ! . Je connais ça.
Daniel, chez lui à Colombes, le 14 juin 1984. Il a l'album entre les mains.
D.B. : La personne qui s'occupait de moi à l'époque et qui s'occupe toujours de moi, qui est Léo Missir, avait un penchant pour un ou deux autres titres de l'album, un ou deux autres titres que "Le chanteur".
J'avais demandé une autorisation spéciale d'intervention. J'avais demandé qu'on s'occupe d'abord de cette chanson qui s'appelle "Le chanteur". Non pas parce que je pensait que ça allait avoir le succès que ça a eu après, mais parce que c'était la chanson qui me paraissait le plus ressembler à l'époque à ce que j'avais envie de faire.
Comme par exemple, l'année dernière, c'était "Pour la femme veuve qui s'éveille" que je préférais. J'ai toujours eu envie que l'on essaye de promouvoir d'abord le titre qui me plaisait le plus à moi parce que ça me paraissait être celui qui serait le plus facile à défendre, le plus sincèrement facile à défendre.
Et là c'était "Le chanteur" et en fait, ça a fonctionné très très vite.
Version "Live" du "Chanteur" à Dijon.
Daniel avec Joe Hammer et Andy Scott dans un studio d'enregistrement. Ils travaillent sur une boite à rythmes.
D.B. (s'adressant à Joe Hammer) : Tu n'as pas fait comme je voulais. Il faut que tu fasses un guide au départ. Un tempo que l'on va enregistrer que l'on refera après s'il n'est pas conforme à ce que l'on veut. Mais que l'on puisse ré-enregistrer par dessus.
Joe Hammer : Bon, c'est parti alors.
La boite à rythmes redémarre.
D.B. : Andy d'abord, c'est un ingénieur du son, comme on dit. En fait, je dirais plutôt, au sens anglo-saxon du terme, "un producteur".
C'est à dire qu'il participe intensément à la réalisation des disques, au choix des mix, à la prise de son de chaque instrument. Ses goûts font partie des miens. C'est un travail commun. Je l'ai connu il y a une dizaine d'années.
(Il se retourne vers Andy Scott et imite une personne âgée)…une bonne dizaine d'années. Il venait d'Angleterre. En fait, il était déjà en France depuis un petit moment.
A l'époque, je faisais un peu mes débuts et j'étais impressionné parce qu'Andy était anglais. Ca faisait très jeune à l'époque.
J.H. : Nous les musiciens, souvent ici on fait la séance. On enregistre et après, c'est fini. On n'a plus de rapport avec un chanteur. Après ils font leur travail de chanteur et les musiciens, tous seuls de l'autre côté, font leur travail de musiciens.
Avec Daniel, ce n'est pas le cas. Et moi, j'aime bien ça.
Interviewer : C'est un professionnel ?.
J.H. : C'est une question d'humain.
D.B. : On a l'intention, avec Andy et Joe, de pousser les expériences beaucoup plus loin. Mais peut-être que la seule carrière française que je mène ne suffit pas à avoir une extension suffisante.
On a envie de faire un groupe et on va réunir des gens pour faire ce groupe. On est déjà trois. C'est beaucoup mais ce n'est pas tout à fait assez. On cherche encore un peu d'autres gens. On a un guitariste qui va s'adjoindre à nous, qui est un anglais. C'est un hasard mais surtout un bon guitariste avant d'être un anglais. On espère que l'on pourra prouver à certains…on est même sûr de le faire…qu'en France aussi, on peut avoir un son exceptionnel, différent, très élaboré, très travaillé.
Seulement, il ne faut pas faire les disques en 8 jours. Il faut les faire avec le temps qu'il faut.
Plan suivant sur le car de la tournée.
Daniel dispute, sous l'oeil de Claude Jarroir, une partie de carte avec Joe Hammer, Andy Scott et Alain Pewzner.
Il rentre ensuite dans un restaurant avec son ami Jacques Durruty. Il embrasse la femme du restaurateur.
D.B. : Ca va ?…(Il s'adresse au restaurateur)…Est-ce que je peux l'embrasser encore ?.
(Le plan a dû être refait plusieurs fois).
Le restaurateur : Oui.
D.B. : Ca va ?. On peut s'installer ?.
On le retrouve attablé avec son ami.
D.B. : Ce que l'on en commun c'est la pêche, le bateau, les bagnoles. Ces choses font qu'on aime la vie et c'est ce qu'on a en commun.
Il y a des gens qui n'aiment pas la vie, qui s'emmerdent à longueur de temps. Nous, on aime ça, avec les bons et les mauvais côtés.
(Il interpelle le restaurateur, tout en mangeant)
D.B. : Béniat (??), tu sais qu'avec du vin, c'est mieux quand même. Si tu veux nous porter du vin ce serait bien aussi.
Jacques Durruty : Les bons côtés de la vie, c'est la bouffe. C'est boire un peu de bon vin même si on n'en boit pas beaucoup. Les mauvais, c'est la politique. On n'est peut-être pas nécessairement du même bord. Moi, j'ai des penchants à droite et il a parfois des côtés un petit peu… Mais en fait, ce n'est pas un vrai problème.
D.B. : (Il lit un magazine que lui a tendu le restaurateur).
Ah, voilà, un vrai basque pur… Blanco. (Il rit).
Blanco dit qu'il m'aime…(Il lit)…
"…Daniel Balavoine, ses textes sont bons et d'une certaine façon j'apprécie qu'un chanteur dise de temps en temps ce qu'il pense…" …Un vrai basque pur, Serge Blanco. Ceux qui ne le connaissent pas, il est entièrement noir. Ca ne fait rien.
Fond musical avec "L'Aziza".
Plusieurs plans successifs.
Daniel est filmé sur la plage de Biarritz, sur un voilier avec des amis.
Puis on le voit avec son ami Loulou Capdevielle. Ils sont tous les deux en tenue de sport.
On retrouve Loulou Capdevielle dans son magasin d'espadrilles.
Loulou Capdevielle : On s'est connu il y a six ans ou sept ans. Il voulait jouer au tennis. Il ne savait pas s'il fallait jouer de la main gauche ou de la main droite. Alors je lui ai appris à jouer et comme il a du sang basque dans les veines un peu, il s'y est vite mis.
Et puis il a besoin de ça pour son spectacle. Il travaille un peu les muscles des jambes en dehors des cordes vocales. Et puis il est super gentil. Et puis on a joué. Et puis on est devenu de bons amis.
Retour dans la loge du spectacle.
Un assistant lui installe le boîtier de son micro H.F. dans le dos.
Il met son micro casque sur sa tête.
Retour dans la loge du spectacle.
Un assistant lui installe le boîtier de son micro H.F. dans le dos.
Il met son micro casque sur sa tête.
D.B. : Voilà, ça c'est mon casque. Sur un chantier tu dois mettre un casque…(désignant l'assistant)… C'est Alain…
Alain : Je mets bien le fil pour ne pas que ça fasse comme l'autre jour et que tu te prennes les pieds dedans
(en fait le fil est tout petit et ça fait rire Daniel).
Daniel passe sa veste de scène et ajuste le casque.
D.B. : C'est mon diadème. Et ça c'est mon habilleuse. Elle est bien roulée ?. Voilà, hop et voilà. Incroyable non ?. Bon allez… Je regarde si c'est en face… Voilà, tout est en place. Au revoir, à tout à l'heure.
Il sort pour aller sur la scène.
Enchaînement sur la scène avec "Pour la femme veuve qui s'éveille".
Colombes.
D.B. : Il y a trop de gens qui disent "…oui, c'est trop facile, avec la technique, la lumière, on peut tout faire…". Ce n'est pas vrai.
C'est que justement, si la personne qui est en avant de la scène n'a pas de force, n'a pas de personnalité, n'a pas d'impact, elle se laisse effectivement écraser par la machinerie.
Ca veut dire que là ce que je dis c'est très simple : c'est plus facile de chanter tout seul sur une scène avec un projecteur et d'affronter le public que de le faire avec tout un système technique. Parce qu'on est très vite dépassé par la technique si on ne se surveille pas.
Si je me mets au piano, demain, à un concert, tout seul… et tu as vu le concert, je fais "Lipstick Polychrome" à la guitare et ça marche du tonnerre parce que les gens aiment ces moments d'intimité.
Et c'est vrai que c'est plus facile quand on est tout seul de posséder le public. En plus il y a un phénomène de possession qui moi me déplaît justement.
Ce n'est pas le but de l'affaire. Le but de l'affaire c'est tout ce qui se passe sur scène et pas que moi. Ce n'est pas de la fausse modestie.
C'est la qu'est la force, s'il y en a une, c'est d'arriver avec tout ce monde autour, toute cette machinerie, de rester existant et de ne pas être quelqu'un de transparent.
Daniel joue de la guitare, une guitare sur laquelle son visage est peint près d'un graphisme qui rappelle la pochette de "Vendeurs de Larmes" (la cible).
D.B. : Je me suis mis à la musique tard, en fait. Je me suis mis à la musique à 16-17 ans.
Parce que justement il y avait eu à cette époque là Mai 68, la fameuse révolution avortée. Comme j'y avais été mêlé de près, en tout cas dans mon coin, j'ai été déçu en voyant arriver les soi-disant "révolutionnaires" qui venaient nous tenir finalement le même genre de discours que les hommes politiques de l'époque. Et puis finalement quand on les voyaient arriver, on entendait que des conneries. Ca m'a complètement démobilisé et j'ai eu un petit peu le dégoût de tout.
Dès que je sens une structure se resserrer autour de moi, qu'elle soit politique, religieuse, syndicale même je dirais familiale, je fuis. Je fuis en avant. Mais je fuis parce que je ne veux pas être prisonnier de quoi que ce soit. Je ne veux pas être représentant de quelque chose.
Puis se succèdent des images de Daniel sur la chanson "Sauvez l'amour".
Daniel au pensionnat de son enfance (collège Cendrillon à Dax), entouré des pensionnaires actuels à qui il signe des autographes, avec qui il pose pour une photo collective. Images des dortoirs, des portes du pensionnat. Daniel qui joue à Colombes avec son chien Raoul.
Dans un pièce située à l'arrière du pensionnat, Daniel raconte.

D.B. : De l'autre côté de la chapelle, où il sont entrain de sévir là encore, il y avait la cour des petits.
Alors ce que je faisais, quand j'étais en classe, j'emmerdais bien deux ou trois mecs, et puis quand ils étaient bien excités, je me barrais en courant dans la cour des grands. Je rentrais comme une fusée. J'appelais mon frangin. Je disais "Guy, Guy !!!". Et je voyais mon frère arriver…Zorro. "Qu'est ce qui se passe ?.". Je lui disais "Il font que de m'embêter". Il castagnait les petits. Ca m'a fait beaucoup rigoler. Et puis je partais après. J'étais content. Après j'étais tranquille pendant deux ou trois semaines parce que j'étais quelque part le chef. Obligé, parce que j'avais un frère grand qui s'occupait de moi. C'était vraiment dégueulasse. J'étais de toute façon un petit garçon très dégoûtant, très méchant.
Hôtel du Palais à Biarritz.
D.B. : Je me suis barré à la suite d'une punition. J'étais en classe d'étude. J'ai du faire une connerie ou je n'ai pas du en faire.
J'ai eu une punition, à ce moment là, qui était la punition la plus dure de l'école. On m'avait envoyé au "téléphone". Ca fait rire comme ça mais le "téléphone" était une toute petite pièce, vitrée, dans laquelle on t'enferme, le temps qu'il faut. On te donne des lignes à faire, à copier.
Quand les autres gosses vont se coucher le soir au dortoir, ils passent devant cette cabine et te font bonjour. Et toi tu es obligé de rester là sans dormir.
Et comme je connaissais cette punition, je suis sorti avec mon pupitre et je devais partir avec mon pupitre. Je suis sorti du collège et puis tout d'un coup, ça m'a pris comme une lubie. J'ai posé le truc dans les escaliers et puis je me suis barré. Je suis sorti par derrière. J'ai traversé un champs de blé. Je me suis retrouvé dans un camp militaire, sans faire exprès toujours.
Et là, comme j'avais mon frère au collège, tout le monde s'est mis à me chercher, paraît il.
Et je me suis paumé dans la nuit. J'ai fait un peu n'importe quoi parce que la nuit est tombée ensuite. En repassant par la route j'ai eu une vision spéciale d'un moment précis ou la voiture du supérieur de l'époque, qui s'appelait Larive, passait juste à côté de moi. Je me suis mis à quatre pattes. J'ai vu la tête de mon frère par la fenêtre. Ca m'a beaucoup marqué.
Ensuite je me suis retrouvé au bord de la voie ferrée. Je me suis dit "…je veux rentrer, je veux voir mon père…". J'ai suivi la voie ferrée mais dans le mauvais sens. Je me suis barré dans l'autre sens. Au lieu de partir vers Pau, je me suis retrouvé dans Dax. Et là il m'est arrivé quelques aventures. Je me suis retrouvé au bord de l'Adour. J'ai traversé une autre école qui était "L'école des Frères", en pleine nuit. Ils étaient entrain de faire un feu.
Et puis, finalement, il y a un gars, un grand, ce que l'on appelait un grand de l'école, qui m'a trouvé, qui était lui un externe. Il m'a dit que quand même, je devais rentrer. Alors il m'a déposé à l'école et à ce moment là, j'ai à nouveau pris peur.
Je me suis rebarré et je me suis retrouvé dans la chambre d'un pion qui s'appelait Régis Legrantéric, je me rappelle, et je me suis foutu sous le lit. Il n'était pas là puisqu'il était parti à ma recherche. Pleins de gens du collège ne savaient pas que j'étais rentré.
Je me suis foutu sous son lit. Ca paraît très romanesque mais c'est pourtant l'exacte vérité mais je crois que c'est ce jour là que j'ai décidé de faire de la musique, sans le savoir. Parce que c'est pour la première fois de ma vie, à ce moment là, que j'ai entendu les Beatles. C'était en 62-63. Et c'était "She loves you". Le transistor était resté allumé.
Et je crois que c'est comme ça que ma vie a commencée. Ensuite j'ai eu un accueil royal et pour la première fois de ma vie, j'ai eu le droit de manger au réfectoire des professeurs.
Sur scène, "Mon fils, ma bataille".
Sur scène, "Mon fils, ma bataille".
Colombes.
D.B. : Je me suis mis, pour gagner ma vie, à faire des orchestres de bals. On faisait la partie rock de l'orchestre de bal avec trois copains. Et puis les quatre papys qu'il y avait avec nous faisaient les pasos doble et tous ces trucs là, les valses et les tangos.
Après, je crois que dans la vie, c'est un problème de choix, un problème d'ambition. Je ne dis pas d'ambition ou de richesse ou de quoi que ce soit, c'est l'ambition de ne pas s'ennuyer. C'est ce qui m'a toujours motivé le plus. Je me suis dit, quitte à faire de la musique, autant faire que de la musique rock, celle que j'aime. Donc on a quitté l'orchestre de bal.
C'est comme quelqu'un qui rentre scribouillard dans un banque. Il y en a qui le reste toute leur vie, ce qui n'est absolument pas blâmable d'ailleurs, et puis d'autres qui se disent, puisque je suis là, au lieu de m'emmerder, je vais essayer d'avancer un peu, d'avancer un peu.
Et puis, de là, j'ai fait des groupes de rock en province, puis des groupes de rock à Paris. Et puis, comme à l'époque les groupes de rock ce n'était pas franchement soutenu par la presse française, et bien, ma foi, on a été obligés d'abandonner en cours de route pour des raisons de vie, de pain, de viande, de bifteck. C'est clair.
Je me suis mis à mon compte. J'ai appris le métier pendant deux ans, dans les studios français, en observant les autres. Et puis après, c'est devenu ce que c'est devenu.
Biarritz.
Daniel tient dans ses mains (sortie du sac) une liasse de billet de Monopoly.
D.B. : Il y a un adage qu'on trouve ridicule qui dit que l'argent ne fait pas le bonheur. Je crois que c'est vrai.
Par contre, ce qu'il ne faut pas nier, c'est que je crois que l'argent est le plus bel anesthésique qu'il y est pour le malheur. Mais ça reste un anesthésique et c'est aléatoire. Je fais partie des privilégiés qui ont de l'argent à dépenser pour faire plaisir aux autres.
Interviewer : Et c'est pour ça que tu chantes ?.
D.B. : Non, c'est chanter qui m'a fait gagner de l'argent. C'est mon talent, con ! (avec l'accent marseillais) (rires).
Retour à Colombes.
Daniel a sorti du sac un panneau.
Il y est inscrit dessus "Voix sans issue".
Il rigole en regardant le panneau.
D.B. : Bon, je ne sais pas. Tu as vu les concerts, non ?. Tu es venu sur scène. Tu as vu les trucs en direct. Il n'y a pas de problèmes. Ca gêne le pantalon des mecs. Je ne sais pas pourquoi. C'est assez rigolo.
Ca voudrait dire qu'en fait, pour être bien reçu dans la musique rock en France, il faudrait de préférence chanter avec une vois rauque, si ce n'est une voix "rock". Et de préférence mal, si c'est possible, ça peut aider aussi. Un peu faux, ça ne gêne pas. De préférence, faire des poids et haltères régulièrement pour avoir l'air vrai. Et en plus, se mettre une tenue de Zorro avec une belle japonaise et avec des clous partout pour faire vrai, pour avoir le look, comme on dit.
Pauvre Elton John s'il avait fallu qu'il fasse tout ça au départ, pour qu'on le prenne au sérieux. Où est-ce que serait son talent aujourd'hui ?. Ca ne veut pas dire que je me prends pour Elton John mais faut arrêter tous ces trucs là.
Interviewer : "…sans issue" ça veut dire aussi que peut-être à 40 ans…
D.B. : Je serai muet !! (Rires). Peut-être qu'à 40 ans je vais faire ma mue !!. Non, non, à 40 ans j'aurai arrêté si c'est ça que tu veux savoir. Il y aura longtemps. J'espère que tout le blé dont on a parlé, j'en aurait tellement accumulé dans mes poches que je n'aurai plus besoin de ne rien foutre à ce moment là. C'est ceux à qui ça en a fait gagné entre temps qui le regretteront peut-être que je m'arrête, d'ailleurs.
Non, non, "…sans issue…", je n'en sais rien, je m'en fous.
Ce n'est pas à ça que je pense.
Ce que je suis content de faire en ce moment, c'est de parler avec toi. Ce que je ferai à 40 ans, je n'en ai rien à cirer. Ce n'est absolument pas mon problème. C'est la vie qui compte.
La seule vie dont on est sûr, c'est celle que l'on est entrain de vivre.
Concert. "Je ne suis pas un héros".
Biarritz.
D.B. : Il n'y a pas de raison que j'ai une angoisse vis à vis du public parce que, si jamais ça ne marche pas avec le public, j'ai le nom du coupable. Je n'ai pas à chercher, c'est moi. Quand ça ne marche pas avec les gens, c'est secoué, c'est secoué. C'est comme ça.
Colombes.
D.B. : Plus on touche un grand nombre de gens, plus on est populaire et c'est sain. C'est le métier que l'on fait. C'est comme ça et c'est bien. Evidemment, en France, ça a une connotation péjorative.
Le chanteur populaire, c'est celui qui fait des chansons pour le peuple, comme si c'était quelque chose de très laid.
Interviewer : Tu fais des chansons pour qui ?.
D.B. : Moi. D'abord, je fais des chansons pour moi. Je fais de la musique que j'aime, avec des gens que j'aime. Je ne pourrais pas faire cette musique d'ailleurs sans les gens que j'aime. C'est à dire les musiciens qui m'entourent, les techniciens, que ce soit en studio, Andy Scott. Tu le connais. Beaucoup de gens le connaissent. Ou Jo Hammer avec lequel on a parlé un peu aussi.
Et puis les autres musiciens : Christian Padovan, Alain Pewzner, Yves Chouard, Hervé Limeretz, Philippe Patron. Ce sont des gens qui sont indispensables à la musique que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui.
Qui seront peut-être moins indispensables demain, mais qui, dans la période que j'ai vécue avec eux ont été des gens indispensables, qui ont participé à la création de ça. On le fait d'abord pour nous.
Mais il est bien évident que la condition sine quanum pour faire de la musique et continuer à en faire longtemps, c'est de la vendre. Parce que se regarder dans la glace le matin et chanter des chansons à soi, ça n'a rien d'intéressant. Et c'est là qu'est le véritable nombrilisme d'ailleurs. Le fait de s'ouvrir à l'extérieur et de vendre beaucoup de disques, le public ne nous laisse plus le temps de nous regarder dans la glace et c'est ça qui est intéressant.
Interviewer : Dis-moi, tu te souviens, un jour tu m'as dit que les textes, tu les écrivais assez vite ?.
Enfin, surtout que tu n'aimais pas passer beaucoup de temps sur les paroles. Ca veut dire quoi ?.
Elles ont moins d'importance que la musique ?.
D.B. : Non, je ne dis pas que les paroles n'ont aucune importance. Non, non, je ne dis pas ça sinon, je n'en mettrais pas. Je ne dis pas ça.
Elles ont de l'importance. Ce que je dis c'est que je ne me prend pas pour un poète et que ça c'est vachement important.
Ca veut dire que je n'ai pas l'ambition d'être quelqu'un. Je n'ai pas envie d'être Léo Ferré ou Jacques Brel. Je m'en fous complètement.
Ce qui m'intéresse dans les paroles, c'est de dire le plus clairement possible ce que j'ai envie de dire. Donc, je ne peux pas dire que ce n'est pas important, c'est indispensable. Mais de là à se gratter le ventre ou le creux de la tête pour faire bien, ça ne me passionne pas.
Enchaînement avec le concert et "Vendeurs de larmes".
Biarritz. Daniel ressort un poisson rouge du "sac à question" .
Biarritz.
Daniel ressort un poisson rouge du "sac à question" .
D.B. : Bon, alors….
Interviewer : Ca te dirait quelque chose ?.
D.B. : Un poisson. Je suis un garçon très premier degré.
Interviewer : C'est évidemment à cause de "Poisson dans la cage"…
D.B. : Ah !.
Interviewer : Sur scène tu parles de la drogue avec le public et tes fans ont l'ai ravis d'ailleurs.
D.B. : Oui.
Interviewer : Est-ce que tu en parles facilement ?.
D.B. : De la drogue ?. J'en parle souvent pour rigoler, bien que ce ne soit pas un sujet drôle.
Toi, tu connais la chanson. J'ai essayé de faire une chanson qui ne soit pas thématique quelque part. C'est à dire pas une chanson où je me tiens la tête et où je raconte ma vie et mes copains éventuels, vrais ou pas vrais d'ailleurs.
Comme certains chanteurs qui se droguent et qui en meurent ou quoique ce soit. Je crois que la drogue est un sujet difficile. J'ai des opinions dessus et je ne suis pas obligé de les faire connaître. Je le fais quand je fais mon métier.
Ce que je peux dire, comme je le dis sur scène, je crois qu'en ce qui concerne ce qui se fume, ce n'est pas plus grave que ce qui se boit, en général. Ca, je le pense intimement.
Voir en Espagne, où les joints sont autorisés et où ça n'a jamais tué personne. Il faudrait d'abord arriver à mettre dans la tête des gens ou plutôt corriger quelque chose dans la tête des gens, c'est que ce ne sont pas les joints qui entraînent les drogues dures dont on parle. Pas plus que l'alcool n'entraînerait les drogues dures. Ce qui entraîne les drogues dures, c'est le malaise, ce sont les problèmes, pas forcément la faiblesse d'ailleurs, ni la force. Simplement le malaise profond.
Dans ce cadre là, on peut aussi considérer que la drogue dure ça peut aussi être l'alcool utilisé de manière extrêmement abusive, imbécile. De toute façon, je pense du mal de tout ce type d'abus. Mais je pense du bien des choses faites raisonnablement. (Sourire).
Colombes.
Interviewer : Pirouette ?.
D.B. : (Rires) …Il paraît que je suis un spécialiste, c'est pour ça que tu me dis ça ?. J'aime bien en faire quand ça m'arrange mais finalement la pirouette que je fais en arrière, je vais vite la refaire en avant et me retrouver face aux gens.
Il suffit de me pousser un petit peu dans mes retranchements pour que je n'ai plus le temps de faire de pirouettes. Ca m'a coûté beaucoup d'ennuis, beaucoup de déboires et beaucoup de plaisir aussi. Mais bon, ce n'est pas plus important que ça. Biarritz.
D.B. : J'en vois beaucoup qui prétendent vouloir dire des choses et puis qui ne les disent jamais. Mais peu importe. Ce que je sais, c'est qu'effectivement ça leur facilite la tâche quand ils ont envie d'avoir des scoops, des moments percutants. D'avoir des gens comme moi qui sont des gens, je dirais francs et honnêtes, qui n'ont rien à cacher et conscients des privilèges qu'ils ont.
Le privilège en question étant à 30 ans d'avoir droit à la parole. D'avoir la possibilité de s'exprimer où on veut, quand on veut et peut-être pas à ce point là mais en tout cas très souvent. J'estime qu'à mon âge, c'est un privilège que je n'ai pas le droit de refuser parce qu'il y a trop peu de gens qui l'ont.
Bon, maintenant est ce que je dois pour autant en profiter pour m'épancher régulièrement ?. Je ne crois pas que ce soit ce que je fais. Ce que je fais c'est que je parle et que je réponds aux questions que l'on me pose. Ce que je dis toujours, si on ne veut pas mon avis sur la guerre ou sur quoi que ce soit, il suffit de ne pas le demander, c'est très très simple.
Le concert et la chanson "Revolucion".
Colombes.
D.B. : Le temps et l'argent ne te donnent pas du génie.
En tout cas, si tu as le temps de bien faire les choses, tu peux arriver à avoir des sons beaucoup plus élaborés, beaucoup plus sophistiqués. Et ça aussi c'est une des différences qui m'intéressent. Parce que quand on parle de "variété" de "rock", etc., ce n'est pas grave. Les catégories ne me gênent pas.
Ce qui me gêne c'est qu'elles portent des significations en elles-mêmes et que, par exemple, c'est vrai que je supporte difficilement que l'on me mette dans la même catégorie que Michel Sardou ou les gens qui sont dans les hit-parade de la "variété française", du music-hall traditionnel français.
Non pas que je trouve ça désagréable et que c'est honteux. Je trouve que ces gens là font très bien leur métier. Je n'ai rien contre Sardou. Il fait bien son boulot sinon ça ne marcherait pas. Mais ça veut dire que que je sais que ces gens là ne font pas les disques comme nous on les fait.
Tu parlais tout à l'heure des anglo-saxons. Ce sont ces gens là que l'on aime et on aspire à faire ce genre de travail. Pour faire ce genre de travail, il faut du temps.
Biarritz.
D.B. : Les gens en avance m'ennuient profondément tout comme ceux qui sont en retard. Moi, ceux que j'aime bien ce sont les gens qui sont à l'heure. C'est à dire qu'effectivement quand on parle beaucoup de rock'n roll et de musique rock, je ne dis pas que je n'aime pas le rock'n roll. J'aime le rock'n roll. J'aime bien l'entendre. Mais pour moi, c'est quelque chose qui est vieux et je parle du rock'n roll.
La musique rock c'est autre chose. C'est quelque chose qui est basé sur la pulsation du rock'n roll que l'on a connu…enfin moi, je n'ai pas bien connu puisque je suis trop jeune… contrairement à ce que certains prétendent des fois.
C'est parce que je suis trop jeune que je ne le connais pas et non pas parce que je suis trop vieux. Je suis né après.
On fait quand même une musique qui vient d'une génération bâtit sur une pulsation. La musique à l'heure je dis que c'est celle-là comme c'est celle de Phil Collins, Yes ou Police parce que c'est une musique qui a vraiment cette pulsation de musique rock qui s'est élaborée, qui s'est enrichie par le latinisme par l'africanisme ou des choses comme ça. J'aime bien les gens qui assument ce qu'ils aiment.
Colombes le 15 juin 1984.
D.B. : Bon, il y a encore des trucs….holà !… c'est un truc en double.
(Il tire du sac une clé à molette et un tee-shirt du rallye Paris-Dakar).
Qu'est-ce que c'est que ça ?.
Ah !. Paris-Dakar.
Alors. Qu'est-ce qu'il y a dedans ?. Je cherche, excusez-moi.
Bon, ce n'est pas moi qui répare. Il y a des mecs qui sont là pour ça, heureusement.
Paris-Dakar alors…qu'est-ce qu'il faut que je dise…
D.B. : Bon, il y a encore des trucs….holà !… c'est un truc en double.
(Il tire du sac une clé à molette et un tee-shirt du rallye Paris-Dakar).
Qu'est-ce que c'est que ça ?.
Ah !. Paris-Dakar.
Alors. Qu'est-ce qu'il y a dedans ?. Je cherche, excusez-moi.
Bon, ce n'est pas moi qui répare. Il y a des mecs qui sont là pour ça, heureusement.
Paris-Dakar alors…qu'est-ce qu'il faut que je dise…
Interviewer : Paris-Dakar, maintenant ce sont les vedettes qui y vont ?.
Pour se faire de la pub ou pour faire de la pub aux autres ?.
D.B. : Eh bien il faut demander à ceux qui y sont allés après moi.
Moi, personnellement, à part Claude Brasseur quand j'y suis allé, j'étais un peu tout seul. Je crois que les mecs qui y vont le font pour le plaisir. Moi, en tout cas à cette époque là j'ai eu des rapports avec la presse automobile qui ont été rapides au départ en tout cas. C'est à dire qu'ils sont tous venus voir la bête curieuse en disant "…alors, est-ce que vous faites ça pour la pub ?…" .
J'ai dit à cette époque là et je maintiens aujourd'hui orgueilleusement que je n'ai pas besoin de ça pour vendre des disques. En plus, si vraiment j'avais besoin de faire un coup fort pour vendre des disques, j'aurais plus vite fait de montrer mon cul sur la Place de l'Etoile que d'aller m'emmerder pendant 20 jours dans le désert, c'est quand même beaucoup plus facile. Non.
J'aime les bagnoles, j'aime la vitesse, la course. Je ne dirais même pas l'aventure parce ça fait un peu comique. En tout cas j'aime découvrir des choses que je ne connais pas à travers des choses que j'aime justement.
Donc la bagnole ça m'a fait découvrir d'abord des gens, du milieu automobile, de la course, des amateurs et des professionnels. Ca m'a fait aussi découvrir un monsieur pour lequel je garde une grande, grande admiration, un grand respect et qui est Thierry Sabine, qui organise ce rallye qui est très controversé à tort, à mon avis.
La réussite entraîne toujours la controverse évidemment. Et puis ça m'a fait connaître Bernard Darniche, Jean-Pierre Jabouille et pleins de gens que j'aime et que je respecte. En dehors de ça, c'est le plaisir de vivre un truc que l'on a jamais vécu.
Interviewer : C'est un milieu différent du show-biz ?.
D.B. : Oh, c'est un milieu différent mais…je ne sais pas…ça me fait toujours marrer les histoires de milieu parce qu'en fait, le milieu c'est le monde. C'est pour ça que quand on dit par exemple que le bizness est pourri, l'automobile est pourrie, le cinéma est pourri, ce sont des trucs qui me paraissent un peu idiots comme raisonnements. Je crois que toutes ces corporations, si on peut dire, sont des micro-sociétés tout simplement. Le bizness vit sur le mode du monde. Le cinéma vit comme le reste du monde c'est à dire avec du bon, du mauvais, des cons, des intelligents, des gentils, des méchants, des pauvres, des riches et puis c'est tout.
Le concert, "Vivre ou survivre".
Générique de fin sur des images de Daniel.
On entend en voix off, la fin du concert et Daniel qui présente les équipes techniques et les musiciens.