Documents sur Daniel

Emission Destins Brisés du 6 août 1994 sur TF1

(Retranscription complète faite par Jean-François Regnier)

Extraits de propos recueillis et diffusés sur TF1, le 6 Août 1994, dans l'émission "Destins Brisés" consacrée à Daniel Balavoine. Tous les témoignages n'ont pas été retranscrits car beaucoup figurent déjà sur le site.
L'émission était proposée par Guy Job et Stéphane Courbit (qui dirige avec Arthur "Case Productions) avec la collaboration de Lionel Rotcage (fils de la chanteuse Régine et qui avait travaillé avec Daniel, France Gall, Michel Berger etc. sur "Action Ecole). Lionel Rotcage a également écrit les textes de l'émission.

Emission "Zénith" sur Canal Plus le 31 Octobre 1985.


Michel Denisot, une caméra sur l'épaule filme Daniel.

Michel Denisot : Quel est votre premier geste le matin quand vous vous levez ?.

Daniel Balavoine : Ouvrir les yeux…je pense…pour voir où je vais mettre les pieds. Je ne sais pas, en fait. Je crois que ça doit être…je crois que c'est d'aller faire pipi, en fait. Je crois que c'est ça.

M.D. : Quand vous rencontrez une femme, le regard c'est important ou vous regardez autre chose avant ?.

D.B. : Je ne me sers que de ça, bien entendu. Non, j'en sais rien. Je ne sais pas. Vous vous posez ces questions là vous ?.

M.D. : Non, je pose des questions. Quel est votre type de femme ?.

D.B. : Les femmes. Je n'ai pas de genre de femmes particulier. Je crois qu'heureusement.
C'est bizarre de dire "…moi, j'aime les blondes, j'aime les brunes…". Bon, je vis avec une brune. Ca va peut-être durer même très longtemps, je ne sais pas. Mon genre de femmes, c'est les femmes.

M.D. : Vous vous regardez beaucoup dans la glace ?.

D.B. : Très honnêtement ?.

M.D. : Oui.

D.B. : Pas mal, ouais. Mais c'est pour me stimuler pour maigrir et bouffer moins.

M.D. : Votre image vous plaît ?. Un plan comme ça par exemple ?.
(Il zoome plein cadre sur le visage de Daniel).

D.B. : Attends, il faut que je regarde. Non, si vous pouviez…hop
(Il cherche une position en se regardant sur un moniteur de contrôle du plateau).
Mon meilleur profil, c'est de face, si vous voulez…en gros. Dès que je suis un peu de côté, on voit les bonnes joues et tout le machin. Enfin, c'est pas grave. Je m'en tape un peu.

L'ENFANCE.

Daniel s'exprime sur son passage au pensionnat…

"…Le pensionnat en tant que tel est un très mauvais souvenir. Je trouve que c'est une chose vraiment exécrable. Ca n'a pas forgé une enfance malheureuse parce que je n'en étais pas foncièrement conscient à l'époque. Le pensionnat est une chose que je déteste. C'est une chose lamentable. C'est un endroit où les gens essayent d'usurper un certain pouvoir sur les enfants…".

…Sur le divorce de ses parents…

"…Mes parents, je le dis sans honte et je ne pense pas que ça les gêne, se sont séparés quand moi j'étais très jeune. J'ai trois frères et deux soeurs. Il se trouve que si mes parents étaient restés unis, je ne serais peut-être pas là entrain d'en parler avec vous aujourd'hui. J'aurais peut-être été, comme je voulais le faire à un moment donné, un étudiant brillant ou pas brillant, en Droit ou en Sciences Politiques. En fait j'aurais raté ma vie. Je dois la réussite que j'ai, même si elle est momentanée…on n'en sait rien encore…, au fait que mes parents ont vécus la vie qu'ils ont vécue. Il ne faut pas dramatiser. Ce sont des idées de parents la souffrance des enfants qui ont des parents séparés. Je ne dis pas que les enfants s'en foutent un peu, je dis que ça leur apporte d'autres choses et ça leur apporte une autre vie…".

LES DEBUTS.

D.B. : J'ai fait en 72 un 45 tours avec un groupe. En 73, un premier 45 tours tout seul et puis après j'ai arrêté de chanter pendant deux ans pour apprendre le métier du disque…

Enchaînement avec "Marie-Madeleine" (avec le groupe Blanc-Bleu) dont voici les paroles :

Marie Madeleine à l'âge de 5 ans
On n'a jamais vu une aussi belle enfant
Son père et sa mère lui ont demandé
Marie Madeleine veux-tu te marier

Non, non, non, je ne me marie pas
Ni avec un prince, ni avec un roi
(Bis)

Marie Madeleine a 15 ans demain
Au bord de la Seine, près de Saint Germain
On la voit toujours avec des garçons
Qui ont des motos et les cheveux longs

Non, non, non, moi je ne sors pas
Ni avec un prince, ni avec un roi
(Bis)

Marie Madeleine n'a que 18 ans
C'est le désespoir de ses vieux parents
Boulevard Saint Michel, elle apprend le russe
Et sur tous les murs colle les prospectus

Alain Boublil: Il avait 21 ans…22ans…
Daniel, je l'ai rencontré quand je faisais les auditions de ma première comédie musicale, quand j'ai écris "La Révolution Française" déjà en collaboration avec Claude-Michel Shöenberg. C'était il y a 22 ans, je crois. J'ose à peine le dire.
Daniel a auditionné pour faire partie de la troupe avec laquelle on a monté ce spectacle au Palais des Sports. Et Daniel était l'un d'entre eux avec son frère (Guy).
A l'époque il est venu auditionner avec son frère… C'était des tout petits rôles et Daniel débutait.
Daniel n'avait pas encore fait son premier disque. Je crois qu'il préparait son premier disque…ou qu'il en avait déjà fait un ?. Et comme il le disait lui-même, je crois qu'il s'était vendu à 745 exemplaires. Il préparait l'album qui allait faire de lui Daniel Balavoine.

Léo Missir: Dans l'orchestre de Patrick Juvet, il y avait un garçon qui chantait dans les choeurs. Et quand j'ai écouté le disque que Patrick avait enregistré à Londres, j'ai entendu une voix qui n'était pas celle de Patrick Juvet, qui m'a surpris, qui m'a étonné, qui m'a ravi.
Et puis, j'ai demandé à Florence Aboulker - qui à l'époque s'occupait de Patrick Juvet - que viens faire cette voix alors que c'est un disque de Patrick Juvet ?.

Elle me dit : "…Est-ce que ça te plaît ?…".
Je dis : "…Mais je trouve ça extraordinaire. C'est un garçon qui a une voix superbe…".
Elle me dit : "…En plus de ça, la chanson qui est là, c'est un cadeau qu'a fait Patrick Juvet à ce jeune garçon, c'est une chanson de lui…".
Elle s'appelait "Couleur d'automne". C'est une très très belle chanson qui m'avait emballé.
J'ai dit : "…Mais je veux absolument voir ce garçon. Il faut que tu m'amènes ce garçon le plus rapidement possible…".

Ca se passait en 75. C'est à dire que j'avais 50 ans puisque je suis né en 1925.
J'avais fait une très très belle carrière jusque là chez Barclay où j'avais découvert beaucoup d'artistes.
Mais les gens commençaient à dire : "…Oh Léo…il ne comprend plus rien…tu te rends compte le gars qu'il vient d'engager…ce garçon, ça ne pourra jamais marcher…ce n'est pas possible…cette espèce de voix qu'il a…aiguë…avec la tête qu'il a…le physique qu'il a…ça ne marchera jamais…".

Et moi, je n'ai pas bougé.

J'ai dit à Monsieur Barclay : "…Ecoutez Monsieur, vous m'avez toujours fait confiance jusqu'à présent. Personnellement, j'y crois dur comme fer. Je sais que j'ai tout le métier contre moi. Je suis persuadé que ce garçon, un jour, va marcher très fort. Je ne vous dis pas qu'il va marcher au premier disque. Peut-être pas au deuxième non plus. Mais je suis sûr qu'au troisième disque les gens vont s'habituer à sa voix, vont s'habituer à son physique, et surtout à son intelligence…".
Parce que c'était la première fois que je rencontrais enfin quelqu'un qui savait parler.

… J'avais à l'époque un petit bouc.
Il (Daniel) me disait : "…Mais pourquoi vous gardez ce bouc ?… Vous êtes plus jeune que nous de coeur et vous avez ce bouc qui vous vieillit…".
Alors je lui dis : "…Ecoute, je te promets que le jour où tu vends 300 000 disques, je couperai mon petit bouc…".
Et un matin, je l'appelle chez lui, et je lui dis : "…Daniel, est-ce que tu veux passer me voir ?. J'ai une chose à te dire…".
J'avais appris le matin par le service commercial, que nous étions arrivés à 300 000 disques.
Le jour même, j'ai coupé mon bouc. Il est rentré dans mon bureau.
Il m'a vu sans bouc et il me dit : "…Léo, on a vendu 300 000 disques ?…".
Je lui dis : "Oui, on a vendu 300 000 disques…".

LA PERSONNALITE.

Catherine REGNIER : Je trouve que Daniel a eu un succès formidable parce qu'il était honnête dans son métier, dans sa générosité, dans ce qu'il donnait. Il a été propulsé à l'avant de la scène.
Je ne suis pas convaincue que ce soit ça qu'il ait recherché, au départ.
Il a eu envie de faire passer des mots. Des notes de musique parce que c'était vraiment ce qu'il aimait.
Et puis après, il a assumé son vedettariat. Il n'était pas mondain. C'était ses copains, sa vie privée.
C'était quelqu'un de normal. Normal pour une vedette.
Il n'avait pas franchi la mauvaise marche et je crois qu'il ne l'aurait jamais franchie.

Jacques DURRUTY : L'histoire de l'explosion avec Mitterrand, ça s'est passé à la télévision.
Là, en fait, je dirais que ça s'est passé parce que c'était sa nature d'exploser.
Au départ, c'était un timide, contrairement à ce que les gens pensent.
C'est le fait que vous ayez une espèce de hargne ou de sensation d'incompréhension qui fait qu'à un moment donné, vous explosez. Ca s'est passé un petit peu comme ça.
Le reste, les déclarations qu'il a pu faire un jour à 7/7 sur les anciens combattants, ça c'est plus un moment de colère ou de perte de sang froid, même s'il le pense profondément.
Mais, parfois ses paroles ont un peu dépassé ses pensées.
Ou tout au moins, il n'aurait pas voulu le dire et puis après, il disait : "…Tant pis, j'l'ai dis, n'en parlons plus…".
La suite de l'incident concernant les anciens combattants à 7/7.

Catherine REGNIER : Quelques jours après, sur l'émission de Drucker, nous avions une délégation d'anciens combattants qui est venue sur le plateau, en exigeant qu'il fasse des excuses publiques à l'antenne, sinon, l'émission ne se passerait pas.
Il était très perturbé par ça, par ce qu'il avait dit à 7/7, à Burgat qui l'avait un petit peu piégé sur un sujet qui lui tenait fort à coeur.
Il ne le regrettait pas, mais il s'est rendu compte que, parallèlement à ça, il avait fait mal à ces gens qui étaient des anciens combattants.
Donc, il a accepté, à l'ouverture de l'émission de Drucker, de s'excuser publiquement, en direct le soir.
Là, il a eu un regard extérieur à ce moment là, de se dire "…peut-être que j'ai lâché mon cri, mais aussi j'en ai blessé d'autres…". Donc il a admis ça et s'est excusé de ça.

La réponse de Daniel sur le plateau de Michel Drucker (Champs-Elysées, Antenne 2, le 5 novembre 1983), suite à l'émission 7/7:

D.B. : Ce que j'ai dit ce jour là était exclusivement et très clairement adressé à ceux qui souhaitent à la jeunesse actuelle comme ils disent "une bonne guerre" pour qu'elle apprenne à vivre.
Alors, si ceux là ont pris ces propos pour eux, je leur dis encore ce soir, ils ont bien raison.
Je ne changerais rien à ces propos, si ce n'est dans la manière, ne serait ce que pour faire plaisir à ma mère qui trouve que je dis beaucoup trop de gros mots.
Cela dit, pour les autres - quand je dis les autres, je parle des déportés ou des gens qui se sont battus et qui ont résisté pour leurs libertés voire pour la notre d'ailleurs - je suis sûr que ces gens là ne peuvent pas souhaiter à leurs enfants d'endurer ce qu'ils ont enduré eux-mêmes. Alors, si ce jour là, ma manière de m'exprimer a fait qu'ils se sont sentis visés par mes propos, ça je le regrette.
Je ne dis pas que je m'excuse, mieux, je vais dire que je suis navré, que ça n'était pas le but. Mais, cela dit, je ne veux pas ennuyer tout le monde ce soir.
On va encore dire que j'utilise votre émission comme une tribune, vous allez encore vous faire engueuler.
Ce n'est pas le cas mais je ne partirai pas d'ici sans dire que contrairement à ce que souhaitent certains, je ne suis pas un "chanteur-marionnette".
Avant d'être un chanteur, je suis un homme, avec ses emportements, ses excès, les colères etc. Mais je suis d'abord un homme qui aime la liberté, qui aime l'espoir.
Au nom de ces idées là, rien que pour ça, je maintiens, sans le cacher, en montrant bien ma tête et mon nom… vous me reconnaissez…tout le monde ne peut pas en dire autant…
sans le cacher, je maintiens qu'il faut mépriser, vraiment mépriser fortement les gens qui nous souhaitent la souffrance et la guerre.
Il faut continuer à se battre pour la paix et c'est ce que je ferai d'ailleurs. D'ailleurs se battre pour la paix, c'est se battre pour la vie et la nature fera le reste. Et je vous remercie et je ne recommencerai plus ou alors plus poliment.

Catherine REGNIER : Il s'en voulait quelquefois de dépasser ce qu'il appelait "les bornes", mais c'était un instant de contrition très très court. Et puis après, il disait : "…eh bien finalement, j'ai très bien fait…il faut que les choses bougent…".

LES AMIS.

Catherine REGNIER : Il avait des amis. Il avait un énorme respect et une énorme tendresse pour Michel Berger.
Il avait…pas des modèles mais des choses fortes et des gens dont il s'imprégnait.
C'était Coluche, c'était Jean-Jacques Goldman.
C'était des gens qui le regardaient, qui le respectaient, qui l'aimaient et avec qui, je pense, il avait des liens d'amitié forts. Il a su préserver sa vie privée, son équilibre, ses amitiés -c'était un garçon extrêmement fidèle en amitié- et il avait sa vie professionnelle.
Donc, c'était bien séparé et il avait trouvé un équilibre formidable. Il avait une tête bien faite.

Marc JOLIVET : Sa blague favorite, c'était le petit garçon qui rentre de l'école, qui est très très malheureux, en pleurant.
Sa maman lui dit : "Mais pourquoi tu pleures ?.".
L'enfant : A l'école, il y a un petit garçon, il vient vers moi et il me dit : "Tu sais qui sais Henri ?".
Alors moi, je lui dis "Je ne sais pas qui c'est Henri".
Alors il me répond : "C'est celui qui t'enc… dans le taxi"
La maman : Bon, c'est pas grave. S'il vient vers toi, tu ne lui dis rien.
Le lendemain, le gamin rentre en larme.
L'enfant : Ouinnnn, "…Tu sais qui c'est Henri…", il me l'a redit.
La maman : Mais ne lui réponds pas !
L'enfant : Oui mais moi, je n'y arrive pas !
Bon, plusieurs jours se passent et à la fin, finalement, sa mère lui dit : Ecoute, c'est très simple, tu vas aller vers lui, tu vas lui dire "…Tu sais qui c'est Bruno ?…".
Alors lui il va te dire "…Non, je ne sais pas qui c'est…" et tu vas lui dire "…C'est celui qui t'enc… dans le métro".
L'enfant : Bon, d'accord, j'ai compris.
Donc, il va à l'école et…
L'enfant : Hé, Hé, Hé, tu sais qui c'est Bruno… ?
L'autre enfant : Ouais, c'est le copain d'Henri.
L'enfant : Qui c'est Henri ?.

Jacques DURRUTY : On a travaillé ensemble à partir de 82 jusqu'à sa disparition.
On a ensemble exercés la profession que je fais actuellement c'est-à-dire vendre des autos. Comment c'est venu ?. C'est venu par hasard, en fait.
Il était assez amateur d'automobiles et comme la plupart des gens qui sont amateurs d'automobiles, aucune ne vous satisfait complètement. Ce qui veut dire qu'au bout de quelques mois on dit : "…Celle là, j'en ai trouvé ses limites, je veux autre chose…".
Et un jour, en discutant, je lui dis : "…Ecoute, on ne va pas te les changer tous les 6 mois…tu ne sais jamais ce que tu veux… le mieux c'est que t'achètes un garage…". C'est à peu près comme ça que c'est parti.
En fait, on a dit : "…Pourquoi pas ?…". Et c'est à ce moment là que le hasard a voulu qu'on ait eu besoin d'aller s'installer à Dax.
On a décidé de le faire ensemble.

LE DAKAR ET LES POMPES A EAU.

D.B. : Pourquoi on fait le Dakar quand on est artiste ?.
Je crois qu'on le fait pour les mêmes raisons que les autres.
Ca veut dire qu'on le fait parce qu'on aime la voiture, parce qu'on aime l'Afrique, parce qu'on aime la vitesse, parce qu'on aime le sport, qu'on aime la compétition, qu'on aime le voyage, qu'on aime changer de coin, qu'on aime se distraire du métier qu'on fait, qu'on aime rencontrer d'autres gens, qu'on aime faire pleins de choses.
Ce qui me paraît curieux…on ne demande pas…dans le Dakar il y a des charcutiers, il y a des médecins, il y a des garagistes. On ne va pas leur dire : "…Pourquoi vous le faites ?…". C'est à dire que pour eux, on trouve ça normal. Ils ont besoin d'air et d'aventure. Eh bien nous aussi.

Marc JOLIVET : Il y a un moment, c'est trop. Quand on reçoit trop, on ne peut que partager, que donner. Il y a un sentiment infernal.
Je pense…il devait le vivre comme ça. Vraiment c'est trop. On reçoit tout, on ne peut pas.
Donc il faut partager, il faut donner, il faut se sacrifier. Il y a un moment où la notion de sacrifice est importante et il avait ça.
Il avait envie d'aller se sacrifier pour les autres.

Jacques DURRUTY : Je pense que finalement, globalement, il avait raison.
Parce qu'en dehors de tout engagement politique - que je pense il n'avait pas vraiment et que, je n'ai pas moi - je pense que sur le fond, son côté humaniste était réel.
Ce n'était pas une attitude qui a été impliquée par la mode ou par d'autres choses.
Ca l'a toujours complètement branché d'essayer de faire quelque chose pour une majorité de gens, s'il pouvait y arriver. Ca, c'est quelque chose en quoi il croyait profondément.

Extrait d'un reportage filmé sur le Dakar, au Mali, le 8 janvier 1986. Daniel arrive sur un site où a été installée une moto-pompe. Il la regarde fonctionner, très attentivement.

D.B. : Tous les gens ont, à un moment de leur vie, envie de faire quelque chose, des choses comme ça.
Et je crois, malheureusement, que les gens laissent trop souvent passer l'envie.
Je crois que c'est quand on en a envie qu'il faut les faire.
Peut-être que dans un an, dans deux ans, je n'aurai plus envie, pour diverses raisons, je ne sais pas.
Peut-être devant l'impuissance, parce que c'est une goutte d'eau dans le désert.
Ou devant le dégoût de l'attitude de certains, de gens qui ont parfois l'esprit négatif quant à ces activités. Alors je sais qu'en ce moment j'ai envie de le faire et tant que cette envie me soutiendra, je continuerai.

Catherine REGNIER : Daniel a dit un jour : "…A 33 ans, j'arrête de chanter…".
Il a arrêté de chanter pour, malheureusement, d'autres raisons.
Mais je crois que dans sa tête, il n'avait pas toujours envie d'être un leader, un meneur. Il avait envie d'être avec d'autres.

Léo MISSIR : Le jour de sa mort, ça a été pour moi une grande épreuve. Là, j'ai tout arrêté.
J'ai eu pourtant des propositions de pas mal de maisons de disques pour faire des productions. J'ai tout refusé.
Je n'ai plus voulu faire quoique ce soit. J'ai arrêté mon métier le jour de sa mort.
J'aurais voulu vous lire quatre lignes.
C'était un merveilleux texte qu'il avait écrit et qui s'appelait "Partir avant les miens".
Il voulait mourir avant les autres.

"Père et mère, soeurs et frères
Je vous aime puissamment
N'adressez aucune prière
Où que j'aille je vous attend
La poussière vit hors du temps."

(Fin de l'émission)

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